Nicole Chouret, une marraine de la danse

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C’est au Théâtre du Ranelagh, un théâtre qui date de la Renaissance, que Nicole Chouret, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Paris, nous ouvre les porte du studio. C’est avec  émotion qu’elle nous parle de sa carrière et de ses premiers pas…

Quel a été votre déclic pour la danse?

J’avais huit ans, je me promenais sur les grands boulevards avec ma mère. On faisait du lèche-vitrines…Et c’est en voyant une paire de petits chaussons rouges derrière un étalage que je me suis arrêtée et que je lui ait dit : maman je veux apprendre à danser!

Un peu plus tard  vous étiez à l’Opéra. Quels sont les meilleurs souvenirs de votre carrière?

Mes tournées dans toute la France et dans le monde entier, je crois. Elles m’ont permis de rencontrer des grands danseurs. Ils venaient en guest-artists. Ça a vraiment été très enrichissant. Et puis il y avait l’excitation, le trac avant de monter sur scène…

Quelles sont vos plus belles représentations ?

Il y en a tellement! Je dirais le Boléro au Théâtre Royal de La Monnaie, à Lausanne,  et à Bruxelles en 1961.  Le Lac des Cygnes au Théâtre des Champs Elysés,  aussi. Carmen et Oeudipe au festival d’Avignon dans les année soixante dix. Et Les Sylphides à l’Opéra…

Parlez-nous de Maurice Béjart…

Nous nous sommes rencontrés à Paris. C’était un sacré personnage!

Vous parliez de vos tournées… Qui avez-vous eu l’occasion de rencontrer?

J’ai eu la chance de pouvoir danser avec Rudolf Noureev, et Michaël Denard. Ils ont tout les deux reçus la légion d’honneur…

Quelles sont vos autres grandes idoles?

Aurélie Dupont. Elle est gracieuse, et ses prestations sont magnifiques.

Que signifie avoir été nommé première danseuse pour vous?

Pour moi ce titre réprésente le succès. Mais avant tout, l’entrainement, la persévérance. Cette discipline demande beaucoup d’efforts. Avoir été nommé première danseuse symbolise aussi la concurrence. Il faut savoir se démarquer parmi les meilleurs sur scène. Il faut avoir un mental d’acier pour résister au stress des concours et des examens.

Pourquoi?

Dans ce métier, la remise en question est permanente. Si on abandonne, on ne peut plus revenir en arrière, et on laisse sa place à quelqu’un d’autre.

Les repasseriez-vous si vous en aviez la possibilité?

Si c’était à refaire, je le ferai, oui. Sans hésitation.

Comment décrit-on la hiérarchie de cette discipline?

A l’Opéra il y a beaucoup d’échelons à gravir. Tout en haut il y à l’étoile. Elle est suivie de la première danseuse, des grands et des petits sujets. Ensuite il y a les coryphée . Ils dansent en solo. Et les quadrilles, qui sont figurants.

Après avoir quitté l’Opéra pour aller chez Maurice Béjart, vous vous êtes dédiée à l’enseignement. Avez-vous des regrets?

Oui, je regrette de ne pas être allée chez Balanchine.

Depuis combien de temps travaillez vous au théatre du Ranelagh?

Ça fait vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans que je vois défiler des petites filles et leurs petites soeurs dans le studio.

Et vous n’avez jamais eu envie d’abandonner?

Jamais!

D’ou vous vient l’envie de vouloir transmettre aux enfants ?

J’adore les enfants, même s’ils sont souvent dissipés. Ils sont naïfs, attendrissants, drôles. C’est un bonheur de les voir progresser. Mais il faut de la patience…

Sorties du théâtre, ou vont vos danseuses? 

A l’Opéra il n’y en a même pas une qui réussit sur mille !  Il est rare qu’elles se fassent repérer, mais ça arrive. Cette année par exemple, j’ai eu la fierté de découvrir que deux de mes élèves avaient perçé. Je ne leur souhaite que de s’accrocher pour réussir. La danse demande beaucoup de technique, de rigueur et de motivation…

Vous êtes seule à gérer votre école. N’est-ce pas trop difficile?

C’est une petite école. Elle ne regroupe que soixante-quinze élèves. Mais elles me soutiennent assez souvent. Le studio est convivial, vous savez. Il y a beaucoup de proximité entre nous.

Tous les ans vous organisez un gala. Comment choisissez-vous les costumes?

Pour les jupettes et les tutus, je travaille avec Philadelphie. Je trouve qu’ils ont un choix de costumes et de couleurs magnifiques. Chaque année ils m’envoient un catalogue, je suis cliente maintenant ! Et puis ils sont moins cher qu’en France

D’où vous vient l’inspiration ? 

Il suffit que j’écoute une musique pour imaginer les pas qui vont avec. Chaque année je relève le défi et aucun spectacle ne se ressemble !

Quels sont vos ballets préférés?

J’aime beaucoup regarder Coppélia, Gisèle, Le Casse Noisette et La Belle au Bois Dormant.

Le monde des arts du spectacle a t-il toujours été au centre de votre vie?

Cet univers à toujours été au centre de ma vie et de mes préocuppations, oui. Je le fréquente depuis toute petite, alors je ne sais pas comment je pourrais m’en détacher.

Lorsque vous sortez du costume du « professeur de danse » que faites-vous ?

Je sors très souvent. Je vois des films et des comédies avec mes petits enfants, j’assiste à des ballets et je vais à l’Opéra.

Considérez-vous cela comme un loisir ou un besoin ? 

Mon oreille à tellement été habituée au chant et à la musique, qu’il s’agit d’un besoin pour moi. J’y vais au moins une fois par semaine. Et si vous voulez tout savoir, j’ai vu Rigoletto une bonne centaine de fois !

Pensez vous que la danse classique pourra rester une discipline unique en son genre?

Je ne sais pas. Aujourd’hui je remarque que beaucoup de gens se tournent vers la danse moderne. Je pense que la danse moderne est en train de prendre le dessus.

Ça vous ennuie?

Non, mais je pense que je suis née dans une bonne époque! ( rires)

 Valentine Puaux

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Une réflexion sur “Nicole Chouret, une marraine de la danse

  1. Nicole Chouret est ma professeur de danse depuis que j ai 7 ans, j en ai 16 aujourd’hui et je suis très fière et très honorée de savoir que Nicole Chouret, ai été une si grande danseuse et surtout dans ces années la, même si je n e ai jamais douter une seule seconde. Nicole Chouret est une personne incroyable et une professeur géniale. Elle nous partage son amour pour la danse et on ressent réellement sa passion et son talent pour cette discipline magique. Je suis très honorer de la connaitre, on ne passe que des moments magiques dans cet art qu’est la danse et avec cette personne et danseuse exceptionnelle qu’est Nicole Chouret.
    Je la respecte énormément et je l’admire.

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