Bates Motel, une psychose moderne

Anthony Perkins face a Freddie Highmore

Anthony Perkins face a Freddie Highmore

Les fanatiques de séries télévisées n’oublieront jamais le 18 mars 2013. La date de sortie du premier épisode de Bates Motel, ou la réadaptation du chef d’oeuvre d’Alfred Hitchcock qui traite de la schizophrénie. Mais cette nouvelle version est-elle toujours aussi novatrice et intéressante après deux saisons ?

C’est à croire qu’on ne cessera jamais de faire allusion à ce thriller en noir et blanc et que la bande d’Anthony Cipriano continuera de remuer le couteau dans la plaie. La plaie de ceux qui détestent les intrigues et les personnages piégés dans des lieux insolites. Mais après plus d’une vingtaine d’heures passées dans les recoins de ce motel atypique, l’heure est venue de s’interroger sur la vraisemblance des scènes de 1960. Il pourrait bien s’agir d’un casting classique pour un scénario innovant…

Comme dans beaucoup de scénarios fantastiques, des personnages en détresse déménagent et tentent de s’intégrer dans une ville. Un lieu ou l’atmosphère est pesante et la décoration austère. A little town ou les habitants ont des faux-semblants pour s’extorquer un a un leurs secrets. Anciens propriétaires jaloux, commerçants trop curieux, concessionnaire charmeur et shérif à l’affut, l’éventail des rôles et des personnalités classiques réapparait comme dans un set de cartes, et ne quitte plus le casting. Mieux encore, le spectateur à tout à découvrir autour du manoir et de ses chouettes empaillées.

Moins d’attente et plus de surprises.

En effet, le réalisateur nous fait toujours cadeau d’une surprise, d’une situation comique, ou d’un imprévu. Une volonté qu’on n’avait pas remarquée chez le « maitre du suspense ». Malgré de nombreuses attentes et soubresauts, ce concepteur canadien abrège considérablement nos souffrances et nos frustrations. Le temps des séquences est réduit de moitié et tous les genres s’y mélangent. Une bonne technique pour faire retomber la pression, contrairement à ce long métrage britannique ou le public est sur la sellette. Et pour cause, un manque d’air et de variété dans le décor. Mais Bates Motel en tient compte. Bien qu’il y ait toujours la cave obscure et ses escaliers grinçants, la propriété et le complexe hôtelier demeurent inchangés. On y retrouve aussi la banque et le magasin de taxidermie.

Aussi, d’un point de vue chronologique, les scènes sont plus courtes et sans transitions. Le rythme est plus dynamique. Les personnages agissent simultanément, règlent leurs comptes avec leur IPhone ou des balles perdues, contrairement à ceux d’Hitchcock qui s’envoient des chèques ou des lettres pour se faire entendre.

Un héritage encore présent.

Et pourtant, l’héritage audiovisuel est là car certaines prises de vues sont intactes. A la différence que ce ne sont pas les mêmes personnages qui exécutent l’action, les panoramas et les contre-plongées sont réalisées aux mêmes endroits que dans Psychose, créant ainsi la même impression dérangeante qu’il y a cinquante ans ; celle d’une intrusion dans la vie privée, ou d’une pensée macabre… On se réfère à Norma, la mère du gérant au style vintage qui se déshabille devant sa fenêtre, mais aussi à Norman qui se tient immobile devant le tableau des clés. Sans oublier le shérif Romero, joué par Nestor Carbonnel, dont l’intrusion est filmée par le premier étage du manoir.

La famille Bates au complet.

Mais pour comprendre la présence de la police sur le domaine, il faut revenir aux fondements de l’histoire. Si les regards d’Anthony Perkins sont implicites, Anthony Cipriano, lui, en revanche a pris quelques libertés en donnant le rôle à Freddie Highmore. Après Charlie et la Chocolaterie, il joue l’enfant timide et schizophrène. Un fils trop sensible qui n’a pas encore coupé le cordon avec sa mère (Vera Farmiga), malgré ses dix huit ans.

Aussi, pour que la situation soit vraisemblable, l’effectif du casting a doublé. L’administrateur n’est plus seul à louer des chambres aux voyageuses épuisées, il gère les affaires avec sa tutrice et son frère ainé, Dylan (Max Thieriot).
Bates Motel creuse donc diverses personnalités et ne s’apparente plus seulement au thriller ou l’on retrouve les preuves dans un lac, mais à la vie d’une famille hystérique et brisée, dans laquelle une mère dépressive tente de subvenir aux besoins de ses fils. Deux adultes qu’elle croit pouvoir contrôler pour pouvoir elle-même échapper à ses démons du passé. Mais souvenez-vous, une hystérique castratrice, un trafiquant d’armes et un bipolaire ne font jamais bon ménage…

Une histoire vraie*, palpitante, a la fois humoristique et sarcastique qui a déjà séduit plus de deux millions de téléspectateurs américains, si on se réfère à l’audience de la première saison. Et plus de 4,6 millions, outre atlantique, d’après les sondages du mois d’Avril 2015. Avec un budget de 10 000 000 et autant de suspense, comment ne pas attendre la suite avec impatience ?

* D’après l’histoire d’Ed Gein, ayant été reconnu coupable d’avoir tué deux femmes dans le Wisconsin en 1957.

 Valentine Puaux

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