Applesauce d’Onur Tukel: Film unique en son genre au Champs Elysés Film Festival

Affiche officielle, Juin 2015

Affiche officielle, Juin 2015

A l’occasion de la 4 ème édition du Champs Elysés Film Festival, le réalisateur américain Onur Tukel s’est exprimé sur le concept d’Applesauce, son second long-métrage après Summer of Blood. Un mélange d’humour et de trash qui pourrait en étonner plus d’un…

« Je veux faire des films drôles mais légèrement paranoïaques », Onur Tukel a t-il expliqué hier soir au cinéma Lincoln. Venu pour la première projection de Summer of Blood il y a tout juste un an dans la capitale, après le Tribeca Film Festival, il a cette fois donné son point de vue sur Applesauce.

Un film qu’il a rapidement écrit et tourné, dans lequel les scènes d’humour et d’épouvante ne manquent pas… Amateur de nouvelles sombres, le réalisateur souvent comparé a Woody Allen est parvenu à mettre en place une histoire atypique et pourtant réaliste. Un scénario dans lequel la peur et le doute viennent corrompre un mariage et des amitiés.

« On fait des choses idiotes quand on a peur » a-il constaté. Axé sur le quotidien d’un professeur qui se croit heureux en amour mais envahi de colis macabres, Applesauce nous retranscrit les réactions étranges que l’on peut avoir lorsqu’on perd la routine et se croit en danger. Plus précisément, lorsqu’on découvre ou reçoit des morceaux de corps dans les moments les plus improbables… Et qu’on commence à suspecter ses proches alors que tout est de la faute du passé. Ou témoigner de son histoire à la radio, ou garder tout pour soi dans le cas contraire…

Néanmoins, le projet n’a rien en commun avec Saw ou les Scary Movies tournés en vitesse. Bien qu’il ait été écrit suite à une anecdote de jeunesse, « Un ami au collège à lui-même perdu un doigt » a t-il expliqué en riant, le film a une visée plus profonde.

En effet, Onur Tukel ne s’est pas contenté d’effrayer, ou de faire rire les gens avec des regards incertains et de la sauce tomate, il a choisi une histoire anodine et pourtant personnelle pour pouvoir explorer les désavantages du mariage, comme les désirs de vengeance et les déviances humaines.

« Pour moi ce film est anti-mariage » a t-il déclaré sans pour autant faire peser son propos.

Principalement basé sur le harcèlement et la peur de son propre environnement, Applesauce explore les travers d’une union essentielle et pourtant loin d’être saine et fusionnelle.

Une alliance qui peut rendre égoïste, narcissique, jaloux et même hypocrite…mais qui peut parfois pousser à bout, nous rendre pessimiste et paranoïaque.

Néanmoins, si ce thème est parfois tabou et difficile à retranscrire au cinéma, la tonalité reste légère. Pas de scènes qui suscitent la gêne ou la peur, ou qui inspirent à la violence car les dialogues et les scènes de sexe sont conçues dans une optique d’autodérision.

Onur Tukel dans le rôle principal, se moque dailleurs de lui-même en premier. Bordélique et décomplexé auprès de son épouse et de ses élèves, le personnage de Dylan Becker n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat quand il s’agit de parler plaisir ou d’aborder l’adultère. Petit détail qui détendra les spectateurs fatigués d’accepter les séquences houleuses et trop bruyantes, ou les scènes trop riches en suspense. On cite les séries sur les vampires ainsi que les classiques qui ont inspiré le projet ; Psychose d’Hitchcock et The Mailman.

Il expliquera que « lorsqu’on joue dans son propre film, les gens pensent qu’on est autocentré. Moi je ne voulais pas qu’on me prenne au sérieux. La preuve, je ne suis pas un acteur professionnel, alors que ceux qui m’entourent le sont. J’intègre ma personnalité dans le personnage, sinon j’ai l’impression de ne pas être sincère. Et puis on n’a pas besoin d’être un bon acteur, il suffit de comprendre le concept et de se comporter correctement. Même quand les scènes sont embarrassantes ! »

Mais si ce premier public semble avoir réfléchi sur la thématique, la seconde reste inexplorée. Hormis la culpabilité, Onur Tukel se penche aussi sur les non-dits et le désir de percer à jour un secret ; celui de sa femme ou d’un couple qu’on croit bien connaître parce qu’il partage l’addition…

Alors si l’on croit pouvoir oublier son passé, Applesauce nous rappelle qu’il est impossible à distancier. Que certains souvenirs sont nos cauchemars. Souvenez vous de la leçon : Laissez trainer vos oreilles et vous verrez qu’il y à plein de façon de s’amuser, ou d’être manipulé.

Comme son nom l’indiqueApplesauce est un mélange unique en son genre. Il oscille entre le genre trash et les propos cyniques mais saura vous surprendre sans jamais vous choquer. Tukel pourrait venir hanter votre sommeil en vous rappelant vos plus grosses gaffes de jeunesse…

Onur Tukel, Getty images

Onur Tukel, Getty images

NEW YORK, NY - APRIL 21: (L-R) Max Casella, Jennifer Prediger, Karl Jacob and Onur Tukel from

NEW YORK, NY – APRIL 21: (L-R) Max Casella, Jennifer Prediger, Karl Jacob and Onur Tukel from « Applesauce » appear at the 2015 Tribeca Film Festival Getty Images Studio on April 21, 2015 in New York City. Photo by Andrew H.

Valentine Puaux

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