Un homme irrationnel: Stone et Phoenix, couple amer et caustique

 

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Elle aime la vie, il est attiré par la mort et le doux mélange est étrange. Sous les arcades en brique rouge d’un collège américain une étudiante en quête de maturité tombe sous le charme sombre de son professeur de philosophie mais sans défier les interdits ;
Abe Lucas. Un célibataire endurci, désinvolte et bedonnant, qui ne sourit jamais comme si l’existence n’avait plus rien d’intéressant
et de surprises à offrir. L’Histoire d’une union qui présente quelques complexes de l’âge mais que l’entourage et les parents tolèrent sans froncements de sourcils ou poings sur la table.

Néanmoins, si Woody Allen crée un personnage intéressant et torturé de l’intérieur, le scénario du « je te suis tu me fuis » qui vise a casser les barrières de l’âme est déjà bien connu du public, adepte des comédies romantiques édulcorées.

 
Un Homme irrationnel se construit sur une histoire profonde et malsaine, à la manière du jeu de séduction d’American Beauty (1998), sur un fond qui reste malgré tout, plat, vaporeux, sans suspense et sans rebonds.

Les séquences sont bien travaillées mais présentent des longueurs. Quant aux dialogues parsemés d’une philosophie lourde,
ils sont dépourvus de crédibilité. On se laisse mollement bercer comme sur une balançoire, en attendant de saisir le nœud de l’intrigue.

Censée rayonner dans le rôle de Jill Pollard, Emma Stone n’est plus la malicieuse étudiante a dynamiser le casting. Elle se promène comme une insouciante au bras de celui qui pourrait être son paternel, un goût de barbe-à-papa sur les lèvres et sous les néons kitch d’une fête foraine.

Pas d’engagement non plus au sein de ce couple pourtant fusionnel. On constate un besoin d’instant présent, et de s’éteindre mais sans chaleur. Il y a surtout de la bipolarité, de la noirceur et du mensonge pour casser ce faux compte de fées, aux effets à peine plus longs qu’un effervescent.

L’univers « woodien », caustique et jazzy tant apprécié par les fans du réalisateur semble s’éparpiller vers une direction inconnue. Peu d’entre nous risquent de la suivre, comme cette élève dans son agaçante perfection qui suit aveuglément son guide. Alors si la réalité crue vient casser l’emballage de la délicatesse, on l’aurait préférée dans un drame. Les profils des protagonistes criminels ou passionnés sont donc à revoir pour surprendre ceux qui aiment se perdre dans l’image.

Valentine Puaux

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