James Bond: Spectre est le nouvel épisode rétro de la saga

 

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Après 24 adaptations cinématographiques, Sam Mendes propose un nouveau James Bond intitulé Spectre. Une histoire parsemée de clins d’œil chronologiques aux autres volets de la saga, dans la continuité de Skyfall et toujours aussi riche en scènes d’action.

Tout s’effondre sous ses pieds mais le col de sa chemise reste immaculé. James Bond à l’art de se salir les mains sans jamais tâcher son trois pièces. Pour le plus grand bonheur de ses fans, il revient aujourd’hui sur nos écrans, cette fois incarné par un Daniel Craig impatient de recharger ses cartouches pour la caméra de Sam Mendes. L’agent secret un peu creusé par l’âge, doit cette fois traquer « Spectre », un réseau tentaculaire, qui nous rappelle subtilement les méandres d’Octopussy et ses jets d’encre vaporeux, visant à semer l’ennemi.

Pourtant, si le spectateur rêve de nouveauté, le fond de l’histoire n’est pas très creusé. Le scénario fidèle à la tradition, allie toujours gadgets, humour, classe et suspense dans des situations poussées aux extrêmes mais se prive cruellement d’innovation. Bien qu’on apprécie les différentes valeurs de cadre et un montage aux coupures chirurgicales de la post-production, l’enrobage des images, presque parfaites, masque des lacunes. On regrette la scène de la chute de plusieurs mètres, amortie par un canapé, sorte de solution de facilité pour l’homme qui ne craint pas les fractures, par exemple. Pas de scènes d’ennuis, les dialogues sont vifs et secs pour aller à l’essentiel mais leur tonalité reste linéaire.

Ainsi, même après 51 conquêtes volages en 26 épisodes depuis Dr No, le script à beau avoir évolué, les défis de 007 s’alignent comme sur une fiche technique. Soutirer des informations à des femmes dont les yeux sont cerclés par du khôl, puis s’engager dans une course poursuite, digne des séquences de Quantum of Solace.

Des raccords subtils au passé.

Néanmoins, si Sam Mendes honore la tradition, il nargue sa concurrence. Le parcours du tireur d’élite est tout tracé lorsque le cinéaste britannique joue des éléments classiques pour pimenter l’intrigue. Alors entre les prouesses techniques et la complicité entre l’espion et Madeleine Swann (interprétée par Léa Seydoux), le réalisateur a tranché pour la crédibilité de l’action.

Spectre ne nous offre pas de romances mais le traveling d’un hélicoptère à la verticale : scène qui viendra moquer l’engin de Pierce Brosnan dans GoldenEye, 19 ans plus tôt. S’ajoutent à ce besoin de réel, quelques clins d’œil au passé.

Divers raccords avec les épisodes précédents afin que le scénariste se différencie des grands mais tout en restant dans la lignée.

On note un chalet, semblable au décor d’Au service de sa majesté et se souvient du petit chien en porcelaine, récupéré dans Skyfall, à la suite du décès de M. Et pour conclure sur une parfaite osmose entre une ambiance vintage et la cyber-ère, il fallait ressortir la fameuse Aston Martin; objet de fascination des collectionneurs, fanatiques d’ Opération Tonnerre.

Après 7 incarnations depuis 1962, l’emblématique personnage du MI6 conserve son charisme. On finit par pardonner les fautes de construction du récit pour apprécier le dénouement de Ian Flemming. Spectre est un ensemble de souvenirs, tel un miroir géant dont les 26 éclats sont enfin rassemblés. Le reflet d’une légende et d’un homme changé qui ne quittera pas nos mémoires. On continuera de regarder les aventures de James Bond en boucle, comme la spirale hypnotique du générique.

Valentine Puaux

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