5 bonnes raisons d’apprécier The man in the High Castle

 

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Affiche officielle de la série

Vingt ans après la réalisation de X Files, Franck Spotnitz nous propose l’adaptation du roman uchronique de Philip K. Dick au cinéma, aux côtés de Ridley Scott. Parue en 1962, soit 28 ans après les faits, l’œuvre intitulée The Man in the High Castle remet en question la victoire des alliés durant la seconde guerre mondiale. Une série dont la première saison vient de s’achever avec succès et qui décrit une Amérique encore surveillée par le Japon et l’Allemagne nazie… Voici donc 5 bonnes raisons d’apprécier la production.

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Après plusieurs années passées à observer une tendance pour les productions de films de guerre, comme l’aura encore prouvé Lazlo Nemes avec Le Fils de Saul, dernièrement présenté à Cannes, le spectateur pourra enfin s’avouer surpris par un nouveau scénario. S’il relate les années post-apocalyptiques (1950-1960), il ne propose plus la vision classique d’une France partagée entre les résistants au marché noir et les collaborateurs, façon Un Village Français, Résistance, ou par le biais d’amours interdites dans Suite Française *.

En effet, l’histoire ne décrit pas une Amérique intouchable et victorieuse face à une Allemagne contrainte à rendre les armes mais aborde la survie d’un territoire gouverné avec de nombreuses failles; un Fürher déjà fou et tremblant de fièvre.

Ainsi, cette mini-série inspirée du roman de Philip K. Dick relate une nouvelle forme d’opposition aux gouvernements ; une résistance organisée en réseau de trafiquants de films. Des bobines interdites à la diffusion par les différentes autorités présentes dans San Francisco, en mesure de prouver la défaite des alliés dans la seconde guerre mondiale…

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Avec une galerie de personnages, tous issus de milieux sociaux différents, Franck Spotniz explore toutes les facettes du pays, comme si ces films avaient vraiment bouleversé les esprits. Bourgeois, ouvriers aux mains de suie et fonctionnaires de la Kempetai (services de renseignements japonais), chaque corps de métier est abordé dans ses moindres détails dans sa fiction. On y voit des citoyens mener une double vie, fausser les pistes des enquêteurs, dissimuler des messages dans des bouquets de fleurs, comme placer des bibles interdites à la vente sous le comptoir…

Ainsi, le spectateur n’est plus seulement happé dans un puzzle, où s’entrelacent des destins réalistes et la vie de particuliers rebelles, il est plongé dans un documentaire qui lui révèle des secrets d’état.

Manichéens et charismatiques, ni pour, ni contre les idées de leur parti, on trouve pourtant des personnages traitres parmi les anges. Néanmoins, ce sont les plus silencieux  qui sont à l’origine de l’intrigue. On leur doit le suspense. Surtout ceux à qui le cinéaste a laissé l’interprétation et la « chance du débutant »; à ceux qui n’ont fait que de brèves  apparitions dans nos « classiques ».

Capture d’écran 2015-12-31 à 17.18.42A la tête du casting, on retrouve une Alexa Davalos (La Ligne Verte et Les Insurgés) plus entêtée que jamais a retrouver sa sœur, tenant le bras de Rupert Evans ( Hellboy), dans la peau d’un fabriquant d’armes nerveux et torturé de l’intérieur. En couple, ils tentent d’échapper aux pro-nazis en blouson de cuir (joués par Luke Kleintank et Rufus Sewel), tout comme aux menaces des policiers japonais, impitoyables avec les opposants politiques.

Joel de la Fuente (l’Agence) fera d’ailleurs partie de cette brigade répressive, incarnant l’inspecteur Kido, aux yeux perçants, derrière ses petites lunettes rondes. Un rôle de dirigeant déjà abordé dans Invicible*, d’Angelina Jolie, sorti en janvier 2015.

Quant à Cary Hiroyuki Tagawa, découvert dans 47 Ronin, le nippo-américain interprète le rôle de l’emblématique ministre des finances du Japon, avec sagesse et tranquillité. Ce sont donc six loups solitaires (dont deux spécialement créés pour la série), qu’on a donc du mal à cerner, entre devoir de vérité, sacrifices et raisons personnelles… Il n’empêche qu’on veut les suivre à tout instant, même si la guerre est finie.

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Pour 60 minutes de suspense contre une quarantaine de minutes réglementaires attribuées à la plupart des feuilletons américains, The Man in The High Castle a de quoi défier tous les sabliers et nous tenir en haleine. Avec dix épisodes d’une heure chacun pour la première saison, l’équipe technique relève un haut défi ; maintenir l’intérêt des spectateurs à suivre les aventures des personnages engagés dans une quête. Bien que l’on regrette la disparition rapide de certains, l’unité de temps est bien maitrisée. Pas de rythme linéaire ou de dialogues trop complexes. On passe de lieux en lieux sans détours chronologiques ou flashbacks et les scènes de violence sont bien échantillonnées. De la ruelle sombre à la cellule d’une prison humide, le suspense reste implacable. On se laisse emmener partout, sans jamais lâcher la télécommande même si la noirceur de vivre est forte. Amateurs de sensations fortes et d’attentes insoutenables vivront l’action comme s’ils étaient eux mêmes auprès des personnages et sous les drapeaux rouges, à croire que Spotnitz a le talent de nous faire traverser l’écran et qu’il aime à jouer avec nos nerfs avec la sonnerie du téléphone. Un danger bien appréhendé qui ne cesse de croitre, comme un gaz invisible qui se répand dans la pièce…

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Lancée sur Amazon prime en novembre 2015, par Ridley Scott et Franck Spotniz, la fiction a déjà reçu trois nominations. Récompensée d’un Award pour sa « performance exceptionnelle » cinématographique, elle a également reçu le « Critics’ Choice TV Award » pour la meilleure interprétation dramatique, attribuée à Rufus Sewell. Et puis, le prix d’excellence pour la musique et le design. Un titre également attribué à Alien, Isolation et American Horror Story 4, pour cette même catégorie. Difficile de ne pas passer à côté d’un marathon visuel !

 

 

*Série de six saisons crée par le trio Krivine-Triboit-Daucé, diffusée sur France 3
*Résistance a été réalisé par Dan Franck, Suite Française de Saul Dibb, passée sur TF1en 2014. Les Femmes de l’Ombre est un film réalisé par Jean Paul Salomé et diffusé en 2008.
*Invicible, l’histoire de Louie Zamperini, aviateur fait prisonnier par les Japonais.

Valentine Puaux.

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