Double Je: l’expo qui met en scène le crime au Palais de Tokyo

 

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l’atelier de Nathan

 

Le Palais de Tokyo se transforme en fausse scène de crime pour les passionnés de polars. Au sein de l’exposition Double-je, le public est invité à pénétrer dans un appartement laissé intact après les faits, autour d’une scénographie glaçante. Elle tisse des liens entre les métiers d’art et l’artisanat, tout en donnant vie à la nouvelle de Franck Tilliez, spécialement écrite pour l’occasion.

« L’ombre s’arrête au milieu de la chambre, les bras le long du corps, un couteau à lame noire dans la main droite. » La lumière est encore allumée. Il y à des cartons jaunes numérotés, du ruban adhésif, des tâches de sang ainsi que des objets renversés au sol et sur le bureau mais pas de corps dans l’appartement. Nathan Le Galois, artiste de réputation aurait du être retrouvé mort mais impossible de le trouver dans l’exposition. La raison ? Si à première vue, il a été surpris à son domicile par Gael Todanais, son voisin jaloux de sa réussite et poignardé au foie, les deux artisans ne forment qu’un dans un même corps. L’un ne peut pas vivre sans l’autre mais l’autre l’emporte sur l’esprit faible.

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Atelier de Nathan

Du récit à la scénographie

Dans une scénographie insolite qui illustre la dualité de la personnalité, le visiteur est amené à pénétrer sur une scène de crime, dans laquelle ni les preuves, ni l’inclinaison des objets n’a changé depuis les faits. Ainsi, l’espace (1000 m2) conçu tel un décor de cinéma s’articule autour de plusieurs pièces : Toutes sont citées dans la nouvelle du romancier : Six univers dans lesquels évoluent des personnages, qui pourraient prendre vie grâce à la troisième dimension.

Ecrite pour l’occasion, l’histoire relate la vie d’un artiste torturé par le désir de réussite, évoluant entre une chambre à coucher, un loft, deux ateliers de création, un garage vintage et un labyrinthe : une pièce hybride à l’image de son esprit sans structure, signée Janaina Mello Landini et Mathias Kiss.

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Sans oublier la dernière salle de l’exposition, sorte de cinémathèque qui propose des clés de lecture (bande annonce réalisée par des étudiants en art pour imaginer la fiction et interview de scénographes et décorateurs).

Un travail sur le double

Aussi, des les premiers instants, le visiteur est mêlé à l’enquête, tel un policier devant respecter le secret de l’instruction.

 

 

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Prêts de la police judiciaire

Passée la porte de l’appartement, déjà étiquetée comme un scellé sous plastique, des images sont projetées dans notre esprit. On image la victime surprise dans son travail ou s’observer dans le miroir afin de comprendre qui elle est en cet instant précis : l’homme sain d’esprit, ou son double jaloux, irascible et passionnel.Cependant, la dualité n’est pas exprimée par le biais de portraits ou de mannequins en cire.
En réponse a un extrait d’un faux entretien de police dans le récit de Franck Tilliez, « je dois vivre avec les deux hommes, parce qu’abandonner l’un, c’est détruire l’autre », elle est exprimée par une disposition des œuvres qui dialoguent entre elles.

En effet, si les formes et les couleurs se ressemblent, toutes les conceptions ont été placées dans une symétrie inversée. Œuvres qui elles-mêmes témoignent d’une étroite collaboration entre les métiers d’art et le monde de l’artisanat.

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La chambre à coucher, Felipe Ribon, oeufs d’autruche

Mêler le travail des artistes et des artisans

Mêlant trois concepts en un seul, cette collaboration explore non seulement les frontières de la psychiatrie mais aussi celles de la fabrication des décors. Ce qui différencie ou rassemble les artistes fantaisistes et créateurs et les fabricants, contraints par diverses techniques de réalisation. Une alliance qui a permis d’associer la rigueur des sculpteurs (L’arme du crime en vertèbres de serpent et nickel, intitulée Vertigo de Jean-Noël Buatois et les vases en 3 D et céramique de Sonia Laugier et François Brument), le goût du détail des ébénistes, la patience des doreurs, la créativité des artistes urbains, ou encore l’implication des brodeurs ou des plumassiers. L’un d’entre eux a même customisé le guidon d’une motocyclette avec des plumes d’oiseau pour la faire ressembler à une bête hybride ; une sorte de loup garou à l’image de la folie monstrueuse de Ganel. (Maxime Leroy, Céline).

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Casque orné de perles, Tzuri Gueta

Photographies, perles, lumières, sculptures contemporaines viennent donc meubler un espace intelligemment conçu pour placer le visiteur au cœur d’une intrigue… Il y à du suspense, des rires nerveux, de l’étonnement mais rien qui ne choque. Sauf peut-être les points communs que l’on trouve entre un meurtrier minutieux et un artiste fou.

 

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Une seule notice d’utilisation : imaginer l’événement comme un cluedo géant mais bien plus subtil, penser à prendre le petit carnet jaune et se munir d’une loupe pour admirer le détail dans ces ténèbres!

Jusqu’au 16 mai 2016.

Valentine Puaux

 

 

 

 

 

 

 

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