Electrosound: Histoire d’un genre musical à la Fondation EDF

labo

le laboratoire

 

 

Après avoir promu l’art urbain  l’an dernier, la Fondation EDF propose une nouvelle exposition dédiée à la musique électronique. Il s’agit d’un parcours chronologique, à la recherche des origines de ce courant dans le monde. On y retrouve des instruments et des logiciels d’une autre époque, des biographies de grands compositeurs ainsi qu’un laboratoire du son.  

 A première vue, le hall de la Fondation EDF ressemble à un hangar où l’on aurait déposé tous types d’appareils musicaux en fin de vie. Pourtant, leur valeur est inestimable. S’ils font partie d’une époque révolue, ils ont chacun servi de modèle ou version d’essai aux précurseurs de la musique électronique. Grands, lourds, difficile à transporter, ils ont pour la plupart été oubliés par la révolution numérique, mp3, I phone et compagnie mais leur authenticité est synonyme de souvenirs.
En effet, en pénétrant dans cet espace, le visiteur est cerné de toutes parts, par des instruments en tout genre : des caissons en bois reliés à des câbles, des oscillateurs, les premières radios et puis les fameux claviers Yamaha, convoités par toute une génération.

« Il y à plusieurs dimensions dans cette exposition. Une partie historique, une partie technologique puis une partie qui aborde les innovations », s’accordent sur ce principe, Jean-Yves Leloup, Uros Petrevski et Jean-Louis Frechin, les commissaires de l’exposition qui ont travaillé sur le projet pendant six mois.

Avec pour objectif de faire voyager les visiteurs entre des siècles de création, l’exposition s’organise autour d’un parcours historique délimité par une frise chronologique.

Vinyle, clavier et Iphone

Organisée en 4 périodes thématiques, Electrosound propose de comprendre les origines de ce mouvement par le biais de décennies phares dans l’histoire de la musique de électronique, dite aussi de synthèse. L’exposition traite des années 1950, de courants plus populaires dès 1960. Elle nous emmène aussi au  cœur des années 1980, marquées par les concerts de groupes, puis s’oriente vers le numérique, dans les années 2000. Mais pour ne pas noyer le public dans une liste de découvertes, elle ne se concentre sur l’évolution de 4 outils.

Certains ont servi à la diffuser, d’autres à la composer grâce au système d’octets. On y retrouve la radio*, symbole de liberté et au départ utilisée dans l’armée, le Columbia Records 38 tours (à partir de 1946), le clavier (clavioline et Motorbass) puis l’I pod d’Apple, dont l’ancêtre n’est autre que le petit mp3 Archos*.

 

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les ondes Martennot

 

studio de musique

studio électronique, générateur d’ondes  carrées et de fréquence oscillographe 1948-1968

 

teppaz

Le teppaz

 

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l’Archos

Parcours de compositeurs

Mais à qui doit-on les plus belles compositions musicales ? En plus de découvrir ces appareils pionniers, pour la plupart prêtés par des collectionneurs, des artistes (Muse), ou des maisons créatrices (Roland, Yamaha), la Fondation EDF s’est aussi penchée sur des archives afin de retracer le parcours de légendes de ce style de musique. Bêtes de scènes noyées dans les néons ou explorateurs du son, chaque spectateur y retrouve son icône par le biais d’une biographie ou de clichés en noir et blanc. Celle de Pierre Shaeffer, laborantin de l’acoustique, de Daphne Oram de la BBC, ou encore celui de Brian Eno, suivi d’une liste de concerts de Jean-Michel Jarre, réputé pour être le spécialiste français du synthétiseur.

« Ces compositeurs sont à la fois des artistes, des scientifiques, des explorateurs et des innovateurs pour savoir utiliser des fréquences de la sorte », déclare Jean-Louis Frechin.

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Daphne Oram

Mais l’exposition décuple aussi les sens. Meublée d’extraits musicaux qui résonnent entre ses murs, la Fondation EDF a mis en place comme une sorte de blind test pour attirer la curiosité du public. Parents et adolescents peuvent ainsi remonter le temps à la recherche d’un titre, d’un groupe, ou d’une date de diffusion en laissant trainer une oreille. Certains refrains sont même évocateurs des années folles ; les gammes d’Enola Gay, la voix grave du chanteur de Depeche Mode, sans oublier la signature de Flume et les tons plus acides de Skrillex, adepte de la dub-step.

Une étude sociologique.

Utilisant ainsi le prétexte d’instruire le public autour d’un ensemble unique et bien conservé, Electrosound étudie un sujet plus profond. Il s’agit même d’une sorte d’étude sociologique. Bilan, si la musique rassemblait au départ les foules dans le monde entier, comme dans les premières discothèques, elle a ensuite généré une certaine forme d’individualisme ; la création à domicile ( Do it Yourself). « On avait la musique partagée, aujourd’hui on a la musique de chambre. Celle qu’on écoute ou qu’on fait chez soi. C’est dire, je m’isole du monde. C’est une rupture sociologique », explique Jean-Louis Frechin. Pour illustrer cet exemple il citera l’apparition du fichier numérique et les pistes stéréo et fera allusion à la réputation grandissante du jeune producteur Etienne de Crécy.

Un laboratoire du son.

 Après cette longue instruction, place à l’expérimentation autour de divers ateliers numériques, animés par des spécialistes médiateurs. Ils proposent d’utiliser un séquenceur, de connecter des smartphones entre eux, ou encore d’écouter des réactions chimiques en présence de boules de glycérine. Un laboratoire « motivationnel », en partenariat avec l’IRCAM, qui permet de créer « son propre appareil » mais aussi de découvrir des «  prototypes pas encore sortis sur le marché », selon Uros Petrevski.

 

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Un dancefloor pour tous les gouts.

Et pour conclure la visite, les visiteurs sont invité sur le dancefloor. Pas d’espace quadrillé pour se déhancher, mais une salle insonorisée pour écouter ses tubes préférés, autour d’une playlist qui regroupe 150 morceaux cultes. Les amateurs de pop-rock, eux, pourront également s’y retrouver tout au long du parcours. Ils auront l’occasion d’admirer la pochette de Love Me do, sortie en 1962, de voir les couvertures d’album d’Elvis Presley (1954), tout comme celle des Beach Boys (1965), de Public Enemy (1988) et des Strokes (2001).

 

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Il est désormais possible de se cultiver même en explosant le mur du son.
Dommage qu’on ne parle pas d’Eliane Radigue*!

*radio dont le fonctionnement français était calqué sur un système télégraphique, les ondes Martennot.

*Eliane Radigue est une compositrice française née en 1932.

*Attention : Visite en famille possible mais pas de programmation spécifique ou ateliers prévus pour les plus jeunes. Seulement des démonstrations à l’atelier.

 

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musique electro en dates 

Valentine Puaux

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