Pourquoi vous allez aimer Frantz, le nouveau long métrage d’Ozon

 

 

frantz, image valentine puaux

 

Le réalisateur français François Ozon vient de signer un nouveau drame, Frantz avec Pierre Niney et Paula Beer. L’histoire d’une rencontre entre un soldat rescapé taciturne et d’une jeune fille de bonne famille pudique et solitaire, avec chacun leurs blessures. Voici donc pour vous 5 bonnes raisons d’apprécier ce long métrage en français et en allemand, récompensé au Lion d’Or à la Mostra de Venise.

Pour retrouver Pierre Niney dans un personnage torturé (encore)

Après avoir joué dans Yves Saint-Laurent et Un Homme Idéal, Pierre Niney semble collectionner les rôles de l’homme torturé qui fixe la caméra d’un regard mystérieux. Dans Frantz, il incarne cette fois ci, le rôle d Adrien, un français au profil littéraire venu se recueillir sur la tombe d’un soldat allemand mort aux tranchées. Une visite qui a lieu un an après la fin des combats… dans une époque difficile ou les allemands ne souhaitent pas accueillir les français au village. Aucun, excepté, Anna, la belle-fille du père du défunt, qui l’intimide…

Sobre dans le style mais direct dans le dialogue et n’offrant que quelques sourires timides à ses interlocuteurs, l’ancien de la Comédie Française se meut ainsi dans la peau d’un personnage attachant, sensible mais à fleur de peau et rongé par un terrible secret. Une thématique que Pierre Niney aime beaucoup.

« C’ est un point commun entre mon personnage d’Un homme idéal et de Five : cette idée de masquer, de transformer, de cacher la réalité », expliquait Niney dans une interview accordée à France Info. Le plus du scénario : l’acteur aux traits anguleux a pris des cours de violon pour maitriser les arpèges.

Pour Paula Beer, la douce

Si Pierre Niney connaît une ascension fulgurante dans sa carrière, Paula Beer, la brune découvre tout juste la lumière des projecteurs. Précédemment repérée dans Poll de Chris Kraus en 2010, cette jeune allemande qui n’a que 21 ans, pourrait bien se voir signer de nombreux contrats pour le cinéma.

Voix douce, gestuelle simple et sourire sans artifices, celle qui a reçu le prix Marcello Mastroianni pour sa prestation laisse transparaitre de la modestie à l’image. Une certaine plénitude et délicatesse qui donnent à son personnage de nature fragile la grâce nécessaire pour être au centre de l’attention. Et ce, sans pour autant déborder de sollicitude agaçante et mielleuse. Parfois les deux comédiens se comprennent, même dans un dialogue muet assis sur le marbre d’une tombe. On a l’impression qu’ils se connaissent depuis toujours : l’émotion de la rencontre devient alors magique et l’objectif du romantisme est atteint.

Pour découvrir un autre point de vue sur la Der des Der 

Frantz pourrait figurer dans une collection de films de guerre en hommage aux « gueules cassées », jouxtant Un Long dimanche de Fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, ou Mémoires de Jeunesse de James Kent (du point de vue des anglais), avec un fil rouge placé cette fois du côté des allemands qui rejettent les français.

Inspiré du film Broken Lullaby, réalisé par Ernst Lubitsch en 1932, qui traite de la mort, des relations familiales et épistolaires, Ozon accomplit ainsi un travail différent de ses confrères : un projet qui montre l’autre face de la Der des Der puisque ce drame illustre la douleur d’accepter la défaite et la culpabilité des pères pour avoir laissé partir les fils au combat. Conséquence : les coupables et les victimes se confondent, car ils n’ont plus vraiment de patrie. C’est sentimental, poignant, humain.

Pour le mélange des couleurs et du noir et blanc

 « Je souhaitais que ce soit plus diffus, que ce soit de l’ordre de la sensation et que le spectateur ne s’en aperçoive même pas. Surtout qu’avec le numérique, vous pouvez faire venir la couleur progressivement alors qu’il y des années, ce genre de procédé était vraiment grossier », le réalisateur explique-il à Mediapart. On peut donc découvrir des filtres de lumière qui oscillent entre le noir et blanc contrasté et la couleur, de façon très subtile. C’est à la fois « vintage » et novateur.

Pour la pudeur des images

 Enfin, si dès le départ les deux personnages semblent irrémédiablement liés par le destin et inséparables malgré les obligations qui les encombrent chacun, -un parisien cherchant le réconfort d’une allemande-, et que l’intensité des regards présage quelque chose de fort, on ne trouve pas de scènes explicites. Le spectateur n’est pas noyé dans le flot d’émotions exagérées des protagonistes. Il prend ainsi plaisir à visionner un long métrage poétique, intelligent mais surtout sensuel et pudique.

 

 

 Valentine Puaux

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