Street art à Montparnasse: L’œuvre sort du mur au Lab 14

Après le Grand Huit à Malakoff, Hanna Ouaziz met en place un nouvel espace de création éphémère à Paris. Il s’agit du Lab 14, un espace qui propose de pénétrer dans l’univers d’une trentaine de street-artistes différents sur plus de 700 m2 d’exposition. Un labyrinthe à découvrir jusqu’au 26 février 2017. Visite.

Hanna Ouaziz et ses amis reviennent pour investir les locaux de la poste de Vavin en collaboration avec Cogedim et Post’Immo. A quelques centaines de mètres de la Tour Montparnasse, il est désormais possible de pénétrer dans une pépinière de talents. Un labyrinthe où se croisent des mondes parallèles, tous construits d’amas de faune et de flore, matières, couleurs, sons et lumières. Après avoir longé des murs lézardés de couleurs psychédéliques et un couloir de portes entrouvertes, nous découvrons des espaces insoupçonnés. Parmi les univers mystiques de Mademoiselle Maurice et les formes viscérales de Nosbé, s’ouvre celui de Réaone.

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Graffiti boisé

Ancien gaffeur de 38 ans et aujourd’hui « artiste nomade » nous décrit son concept.  Son travail s’apparente à « un mix entre la calligraphie et les formes tribales », marqué par des filaments colorés peints à la bombe acrylique.

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Aujourd’hui pourtant, l’artiste ne présente ni friches figées sur un terrain vague, ni clichés de passages en zone industrielle. En effet, quinze ans après avoir débuté dans le « graffiti » en région parisienne, il a choisi d’explorer une nouvelle technique de représentation : Donner du volume à ses dessins en les plaçant dans la 3D.

Se considérant désormais comme un passionné de « l’installation organique en 3D », il ne déploie plus seulement ses couleurs à l’air libre sur les routes de France entre Toulon et la Ciotat mais réalise les sculptures de ses propres croquis: « C’est un exutoire et je prends un malin plaisir à faire sortir la pièce du mur ».  Une fois les formes dessinées, il les sculpte dans des matières trouvées ici et là. Des tubes plastiques, ou encore des gaines, pour créer l’effet de volume.

Ainsi, après trois semaines d’installation, il est fier de présenter sa pièce dans une salle obscure. Mieux encore, il la présente sous des néons verts pour amplifier le reflet de sa peinture phosphorescente. « C’est le truc en plus pour donner un aspect magique et caché au public ». Pareil pour le pantin de son « double maléfique », qui prend la pose, in situ. Il n’a pour ADN qu’une ossature en bois, de la mousse, du scotch et du papier bulle. Pour l’anecdote,il porte même le pull de son concepteur.

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Prison de fer.

Plus loin, une construction métallique nous intrigue. Signé Wayne, un dôme composé de fils de fer inspire au toucher. Ils s’entortillent les uns dans les autres jusqu’à ressembler à un buisson de ronces. Dans un joli clair-obscur, on s’y engage comme on s’en éloigne. On l’assimile à une bulle à ciel ouvert, à un piège à moitié ouvert.

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Maison en carton.

En face, une porte accostée suscite la curiosité des passants. Il faut s’accroupir ou ramper sur les genoux pour franchir ce passage. Mais une fois de l’autre côté, on s’émerveille du décor penché du collectif Lyonnais Evazésir No Rules Corp. On prend garde à ne pas s’appuyer contre les fondations de ce salon aux collages en carton.

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Manège bleuté.

Même idée pour RétroGraffitism récemment revenu de Russie, qui conçoit des décors miniature dignes du royaume d’Alice aux pays des Merveilles. Pas de soucoupes ou de montre à gousset pour décorer cet environnement mais des néons tamisés qui rappellent l’ambiance d’une fête foraine déserte après minuit. D’ailleurs son environnement s’appelle Ortopark et s’inspire des quartiers orthodoxes du pays.

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Monstres attachants.

Les visiteurs croisent également les monstres attachants de Sylvain. Des créatures semblables à des moustiques, dotées de pattes multicolores et de longues antennes, qui tentent de s’échapper de leur cage de verre. Leur ombre projetée nous ramène à l’enfance, au temps des ombres chinoises.

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Hiboux sacrés.

Avec ce même choix du bestiaire, Snez emmène la foule sur un terrain isolé. Il met en scène la « cabane du dieu hibou » dans une ambiance chaleureuse et tamisée. Autour de nous, des arbres aux racines saillantes, dont les branches caressent le plafond et des hiboux trapus qui sourient sur les parois du bâtiment.

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On s’accorde un dernier regard vers les félins de Marko 93 et la forêt poétique et boréale du parisien Anis, avant de retrouver la vue des gratte-ciel et les klaxons des voitures sur les boulevards parisiens.

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Valentine Puaux

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