Jeu vidéo : Comment Tomohiro Nishikado a développé Space Invaders

 

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Enfant passionné de mangas et d’électromécanique Tomohiro Nishikado travaille d’abord pour obtenir son diplôme à l’université électronique de Tokyo, avant d’obtenir un premier contrat chez Pacific, où il découvre les premiers prototypes de jeux-vidéos. Des années plus tard il connait un succès mondial avec la sortie de  Space Invaders en 1978. Parcours du Père du Jeu Vidéo japonais,  à l’occasion d’une première dédicace de son livre à Paris, à la Fondation EDF.

« J’étais un enfant sage qui aimait la confection, créait ses propres radios et amphis en périphérie d’Osaka* », confie Tomohiro Nishikado d’une petite voix timide dans la salle de conférences de la fondation EDF. C’est la première fois qu’il vient à Paris pour signer en ces lieux, sa biographie, écrite avec son traducteur, Florent Gorges*, face à toute la « geekosphère ». Discret comme au premier jour de son œuvre alors que son jeu vidéo a déchainé les jeunes dans les salles d’arcade du monde.

En effet, qui aurait cru qu’un jeune employé travaillant près d’un poulailler à Pacific Kôgyô deviendrait une icône de modernité au début des années 1980 ?

Inspiré par Skyfighter, reconnaissable à sa zone de tir et ses petits avions,Tomohiro fait ses premiers constats dans le domaine : Malgré un faisceau lumineux pour toucher les adversaires, le jeu n’est pas réaliste. Il doit être amélioré. Ce sera l’objet de sa quête pendant plus de 30 ans.

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Florent Gorges est son traducteur

 

À partir de 1970, Tomohiro s’intéresse aux machines munies d’un siège car on joue encore en solo. Problème, les fournisseurs ne suivent pas la tendance : « s’il y avait un sentiment d’immersion dans le décor, l’ensemble ne rentrait pas dans les ascenseurs des salles d’arcade », il explique amusé par l’anecdote. Enfin, lorsqu’il fête ses 28 ans, c’est le déclic : les hologrammes dynamisent les silhouettes sur l’écran. Au même moment, il faut défier la concurrence : SEGA et TAITO se volent la vedette.

Plus tard, en 1973, le jeune homme met en place Soccer. Jeu de balles à placer dans des cibles, qui n’est autre que précurseur de Basketball ; support dans lequel on jongle avec le curseur pour déplacer les balles aux extrémités de l’écran. « Il n’y avaient pas de processeurs pour faire les graphismes, seulement des composants », explique l’inventeur fier d’avoir optimisé le rendu. Il faudra donc attendre son immersion dans les locaux d’ATARI aux Etats-Unis pour qu’il travaille sur Speed Race, Western Gun et Interceptor (1976) ; son premier jeu d’arcade. « Il faut éviter les obstacles et on crée des décors destructibles »

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les emblématiques petits monstres de Space Invaders dessinés au départ dans un cahier aux pages quadrillées.

La véritable consécration a lieu deux ans plus tard, lors de la sortie de Space Invaders, marquée aussi par des articles de presse sur les aliens et la sortie du film Star Wars.

Les figures du jeu se voulant non humaines et non violentes, s’inspirent alors de l’univers de La Guerre des mondes. C’est un succès : 70 0000 lieux d’arcade, appelés aussi « Invaders houses », restent ouverts la nuit au Japon. Sa femme ignore même la portée de cette activité. « Quand elle a vu le journal, elle ne m’a pas cru », relate t-il. Rêveur à ses heures perdues, celui qui deviendra le directeur de Dreams ( 1994-2010) ne montrera jamais aucun signe d’impatience ou d’impertinence dans ses années de notoriété. Ce sera plutôt une jubilation intérieure et de l’humilité.

Alors, si la console, le joystick et ses déjeuners avec le fondateur de Pac Man font partie d’heureux souvenirs du passé, il préfère désormais conseiller les jeunes. Comble de l’ironie, Tomohiro Nishikado n’est pas en possession du dernier gadget dernier cri. Ainsi le monde tourne autour de la 3D mais le compteur s’est arrêté. « Vous savez, dit-il, la plus grosse transition a été l’arrivée de la PlayStation. Aujourd’hui pourtant, je préfère jouer sur mon Smartphone »

*Kishiwada, petite ville située dans la région du Kansai
*Editions Omaké

Valentine Puaux

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