Cinéma: Ma cousine Rachel, ou l’emprise d’une veuve envoûtante

Au début du XIXème siècle en Angleterre, une étrange veuve revient sur la propriété de son défunt mari Ambroise, alors gérée par son jeune cousin Philipp,  qui s’apprête à hériter de ses biens. Découverte de Ma Cousine Rachel, un film  post-freudien signé Roger Michell, où les personnages dialoguent sous un certain rapport de force et sont prêts à tout par amour ou par cupidité d’héritage. Jeux d’apparences. 

 

Une paire de bottes d’équitation, un gilet d’hiver et des mèches rebelles tombant sur le front. Voici comment le réalisateur Roger Michell présente Philipp Ashley, joué par Samuel Claffin, le nouveau propriétaire du manoir, après la disparition du propriétaire, l’oncle Ambroise. D’apparence farouche et fragile, marqué par la disparition de ce mentor, le jeune homme pas encore majeur n’a jamais approché les femmes.

Alors, lorsque cousine Rachel (Rachel Weisz) entre à la nuit tombée sur la propriété, sobre et presque fantasmagorique, sous les lucarnes de la cour pavée, comme l’inquiétante Rebecca d’Alfred Hitchcock, Philip est pétrifié.

La colère de la disparition et les questions laissées sans réponses, font place à la curiosité. S’opère alors une alchimie dangereuse et un certain rapport de force entre les deux personnages. Rachel n’est plus la veuve intruse qu’on soupçonne d’empoisonnement mais une invitée d’honneur courtoise et pudique sous sa voilette en dentelle gothique. Une douce silhouette que l’ont peut encore séduire et réveiller d’une léthargie mentale et que l’on associe aussi à la mère initiatrice de la vie. Oseront-ils dépasser leurs doutes ? Briser le tabou de l’amour dans le cercle familial ?

Et quelle sera l’organisation pour la signature de l’héritage de Philip ? Profitera t-elle de lui, ou se jouera t-il d’elle ?

Les spectateurs douteront jusqu’au dernier instant de celui qui parmi les deux, résiste le mieux aux pulsions. Celui qui tiendra le plus fermement les reines de son destin, sur les falaises effritées, tout justes reprises aux décors des Hauts de Hurlevent de William Wyler (1939). Beau travelling romantique en tout cas…

Quant à l’amie d’enfance du fermier, la chaste Louise (Holliday Grainger), il fallait un personnage prétexte au traditionnel triangle amoureux pour pimenter le scénario. Un ange qui passe, tout aussi mystérieux et sournois que sa rivale expérimentée en amour et peut-être aussi, un peu manipulatrice et mante religieuse. Du moins en apparence. En réalité l’enquête de Roger Michell n’a pas de solutions. L’interprétation de l’emprise est libre. Chacun y trouve son coupable. On apprécie autant l’image que l’histoire originelle de Daphné Du Maurier.

Valentine Puaux

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