Livres d’espionnage : portraits féminins de légende

Entremetteuses, résistantes, dactylographes, espionnes ou infirmières, on ne compte plus le nombre de portraits héroïques qui ressurgissent des entrailles du passé pour alimenter littérature et documentation française. Parmi ces femmes de légende, Mata Hari et Virginia Hall, deux légendes de l’espionnage. Sélection d’ouvrages qui retracent leur histoire. 

 

mataharivpuaux

 

Quel était le véritable reflet de Mata Hari ? Celui d’une danseuse solitaire et divorcée, motivée par l’acclamation du public, ou celui d’une contre espionne, capable de détourner l’attention de ses interlocuteurs ? Il faudra des deux pour comprendre les désirs et le leitmotiv de cette femme, que tente de décrire Philippe Collas dans Mata Hari, la dernière danse de l’espionne.

C’est en effet au travers de quelques 500 pages que l’auteur nous met sur sa piste, entre correspondances à ses amants, photos d’archives et rapports de police.

Qui était cette ambitieuse aux mille et un charmes, capable de s’éclipser de la scène avec ses fourrures et ses voilettes, pour rejoindre ensuite l’Allemagne avec une valise diplomatique ?

Sans doute une âme brisée de l’intérieur, voulant à tout prix faire partie de l’Histoire. D’une part protégée par ses proches et amants, de l’autre, une redoutable ouvrière, manipulant l’encre sympathique* au delà des frontières…

Ainsi, les lecteurs découvriront, au travers de cet ouvrage documentaire, les coulisses d’un grand conflit mondial et surtout,  tous les secrets de l’intrigante, qu’on serait encore tentés de suivre n’importe où.

Pourtant, le temps n’a pas dévoilé tous les mystères depuis la fusillade de l’Hollandaise à Paris en 1917. Si Mata, la mauvaise diplomate, était légalement coupable d’avoir trahi la France, d’autres estiment encore ses actions légitimes.

Destin choisi ou non, son parcours n’en reste pas moins extraordinaire. Manipulatrice ou manipulée, l’ambitieuse nargue encore les historiens…

*encre invisible

Mata Hari, la dernière danse de l’espionne
Philippe Collas
Chez French Pulp Editions,
18,99 euros

 

hall

 

Peu de choses ont résisté à Virginia Hall, l’américaine de Baltimore, souvent rejetée par les diplomates américains et les milieux militaires, en raison de son handicap :  sa jambe de bois. Mais celle que le journaliste Vincent Nouzille appelle « l’américaine dans la guerre », ou encore « l’oubliée » de l’Histoire, prendra vite sa revanche sur la vie. En faisant notamment dérailler des trains pendant la seconde guerre mondiale. 

La polyglotte discrète et raffinée, rejetée par l’Auxiliary Territorial Service, se tournera alors vers les services de renseignements britanniques (SOE) et les réseaux de résistants français sous l’occupation allemande.

Reporter à Vichy pour la bonne face et opératrice radio la nuit, Virginia, respectée et écoutée par ses camarades, fuira toujours le danger à temps, alors que d’autres seront pris au piège, torturés par les équipes de Klaus Barbie, puis déportés. Sinon, talonnés par un agent double allemand, capable de percer le noyau dur des réseaux.

Ambitieuse, caractérielle, travailleuse qui n’a de place pour les sentiments, la brune basée sur Lyon, aura même l’occasion de voyager entre la France, Londres et les Etats-Unis, tout comme de guider des parachutistes dans les campagnes et d’assurer le transport de munitions.

Diane, de son nom de code, ne jurera alors que par le travail de terrain. Des missions qui la rempliront d’énergie, jusqu’à sa remise de décoration en 1945, face au général William Joseph Donovan.

Une promesse pourtant, nous indique l’auteur de ce journal de bord romancé ; celle de n’appartenir qu’à son ombre et à sa patrie, avant de tomber dans les bras d’un homme.

Ainsi, cette héroïne longtemps méconnue des Etats-Unis,  restera bien longtemps la première fiancée de la nuit. Elle nous inspire encore aujourd’hui.

*L’Auxiliary Territorial Service était la branche féminine de la British Army pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle recrutait des volontaires, capables d’exercer tous types de métiers. La restauration et le standard, inclus.

L’espionne, Une américaine dans la guerre
Vincent Nouzille
Fayard
26 euros

Valentine Puaux 

 

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