Série TV : Du féminisme avec les Demoiselles du Téléphone

Manifestations, associations, conférences, on ne compte plus le nombre d’événements en faveur de la femme et pour encourager le féminisme dans le monde. La preuve encore, avec la sortie d’une nouvelle série : Les Demoiselles du Téléphone, réalisée par Ramón Campos, qui met en avant la vie des femmes à Madrid à l’aube des années 1930. Au casting, Blanca Suàrez, Yon González, Ana Carlota Fernández, Maggie Civantos, Nadia de Santiago, Martiño Rivas et Ana María Polvorosa. 

Comment vivaient les femmes en 1928 ? Comment luttaient t’-elles pour l’égalité des sexes et pour l’obtention d’un bon salaire? Il faut poser la question à l’espagnol Ramón Campos, le réalisateur de la nouvelle fiction féministe et progressiste Les Demoiselles du Téléphone, dont les tous premiers épisodes ont été diffusés sur Netflix en avril 2017 et dont la 3ème saison vient d’être diffusée.

Déjà connu pour avoir réalisé la série romantique Grand Hôtel, le cinéaste et son équipe (Gema R. Neira, Ramón Campos, Teresa Fernández-Valdé et Carlos Sedes), présente aujourd’hui un tout nouveau projet destiné à rendre compte de la fresque sociale des années 1930 en Espagne. Une série qui nous replonge dans une époque à la fois marquée par des moeurs sévères, comme par le Progrès technologique, au cours de laquelle il faut savoir prendre des risques quand on est une femme qui s’émancipe et qui veut travailler.

Six portraits de caractère pour cerner la société

La technique de Ramón Campos pour nous tenir en haleine ? Nous montrer de belles machines telles que le Rotary ou la cabine téléphonique mais surtout… concevoir un scénario réaliste avec six portraits croisés de femmes venant d’horizons différents. Et entrelacer leurs destins afin d’explorer toutes les problématiques de cette nouvelle société qui s’éveille. Trouver des personnages auxquels nous pouvons facilement nous identifier.

Si l’histoire débute à la compagnie de téléphone madrilène approuvée par le roi (sans doute inspiré par le véritable édifice téléphonique de Madrid), où elles sont pour la plupart opératrices, la toile de fond n’est qu’un prétexte pour enquêter sur les secrets de ces employées et rendre compte de leurs péripéties amoureuses, dangereuses et parfois liées à la Politique ou au fonctionnement de la compagnie même… Suspense !

Marga la campagnarde, Carlota la féministe, Lidia la mystérieuse en cavale, Àngeles l’employée modèle et Sara sa chef de service vont pourtant se trouver des intérêts communs à sympathiser entre 6 coups de fil par minute. Avant tout pour s’entraider dans l’entreprise mais aussi pour lutter contre les convenances austères, le machisme et le patriarcat. Quant à la dernière, l’aristocrate Elisa de Cifuentes dont le rôle est secondaire tout au long de la série, elle est sous la tutelle de sa mère, un redoutable personnage qui garde tout sous contrôle, y compris ses deux fils, Doña Carmen de Cifuentes. « Nous n’étions pas libres mais nous rêvions de l’être » sera d’ailleurs le slogan phare de la première bande annonce.

Se rebeller à n’importe quel prix. 

Le décor planté et les présentations faites, Ramón Campos s’infiltre dans l’intimité de ces standardistes*. Et dès lors que le spectateur fouille le passé au travers de flashback, les objectifs de chacune se précisent. Pourquoi elles travaillent ici, ce qu’elles veulent des hommes, qui elles haïssent, ou aiment à la folie et veulent à tout prix protéger.

Triangles amoureux, trahisons, cambriolages, enquêtes policières, associations secrètes, tout est possible au cours des épisodes des attachantes Demoiselles du Téléphone pour qu’elles sauvent leur honneur ou leurs amies.

Quitte à renier les conventions de leur propre famille pour découvrir leur identité et vivre leurs désirs. Sinon tenter de condamner le viol, l’avortement de force hors mariage et faire accepter l’homosexualité chez les femmes aux plus conservateurs au travers d’émissions radios. Un véritable défi quand ces héroïnes sont également méprisées par… d’autres femmes !

Un projet cinématographique qui nous rappelle étroitement Suffragettes de Sarah Gavron, ou encore Las 13 rosas d’Emilio Martínez Lázaro. À regarder sans modération pour rester forte et s’inspirer au quotidien !

* En France, ce métier existera jusqu’en 1978, date de l’automatisation complète du réseau.

000

photo de vignette : Quino Al pour Unsplash

Valentine Puaux

Publicités

Si ça vous plait, vous pouvez commenter. Renseignez un mail ou un nom pour que je puisse vous faire un retour. Merci de votre visite !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s