Et si on lisait “Tôt un matin”, le roman de famille qui nous ramène à Rome en 1943?

 

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Qu’auriez-vous fait si, sous l’occupation allemande à Rome, une inconnue vous avait confié son enfant de religion juive dans vos bras ? L’auriez-vous repoussé, caché ou éduqué comme le votre ? À partir d’un fait historique qui marque à jamais les générations, l’auteur britannique Virginia Baily, imagine la rencontre entre une jeune italienne et une mère désespérée qui lui confiera son petit garçon, avant de disparaître à jamais dans les rues de la capitale pour échapper aux rafles. Un événement inoubliable qui marquera à jamais son destin et qui prendra tout son sens trente ans plus tard.

Chiara, jeune résistante vivant à Rome avec sa sœur cadette Cecilia, assiste totalement impuissante à une rafle dans le ghetto juif. Alors qu’elle s’apprête à quitter le quartier, une jeune mère de famille en détresse  lui confie son garçon.  Aucune parole n’est échangée mais un simple regard permet à l’enfant d’être sauvé du pire. Grâce à sa réactivité et sa bienveillance, le petit Daniele Levi passe pour son neveu devant soldats allemands. L’inconnue elle, en revanche, ne croisera plus jamais son chemin.

Un souvenir de la déportation qui restera ancré dans la mémoire de la « romana » et qui déterminera ses choix de vie futurs. Ruser les contrôles d’identité dans le train, cacher l’enfant sous les bagages, le faire baptiser, subir les crises de jalousie de sa sœur, Chiara risquera sa vie pour Daniele. Il sera comme un fils pour elle.

Mais aussitôt l’écho des bombardements dissipé, l’enfant devenu adulte et les souvenirs confus avec la vieillesse, qu’un coup de téléphone la ramène trente ans en arrière. Pour l’italienne c’est le choc, l’étourdissement, le vortex !

Nous sommes en 1973 et Maria, adolescente galloise enquête sur la jeunesse d’un père qu’elle n’a pas connu. Les deux femmes parviendront t’-elles à communiquer malgré leurs différences culturelles, générationnelles et la pudeur des sentiments ? Pourront t’-elles, chacune reconstituer leur passé douloureux ? Finiront t’-elles par trouver cet homme fantomatique malgré le temps perdu ?

Avec son roman Tôt un matin, écrit dans un style fluide et avec une tonalité réaliste, Virginia Baily nous ramène à une époque historique où les uniformes tétanisent la foule et sous laquelle les obus sifflent furieusement sur la ville.

Une période qui laisse des cicatrices physiques et mentales mais au cours de laquelle, on se découvre parfois plus fort et plus humain qu’on ne le pensait face à des paysages détruits et désertés dignes des enfers. Oui, des âmes, des gens de coeur capable de quitter leur confort pour développer leur instinct maternel et leur instinct de survie.

Tôt un matin, livre sentimental et bien documenté, distille aussi bien une société en souffrance qui garde espoir, que la mémoire d’une grand-mère attendrissante et tournée vers l’avenir malgré de nombreux traumatismes. Récit d’aventure ou journal intime de famille retrouvé sous la poussière,  l’interprétation du lecteur est libre.

À lire d’urgence si l’on aime entrouvrir les fenêtres du passé, comprendre qui nous protège et d’où l’ont vient.

Aux éditions JC Lattès

Valentine Puaux

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